Rien n’est moins simple que de parler des déchets, les français en produisent en général 350 kg par an et ce chiffre ne cesse d’augmenter… trop, c’est trop …. !!!!
L’idéal serait de produire moins d’emballages de toute sorte, en amont, mais le marketing et le packaging sont les planches d’appel pour capter les désirs des consommateurs. Que de matières, d’énergie et de réflexions pour élaborer des enveloppes dont la destinée est d’être jetée. Tous nous avons consommé des produits dont le volume d’emballage représentait le triple voire plus, de la taille de l’objet directement consommable. Aussi faudrait-il que les concepteurs modèrent leur appétit de matières, de couleurs pour aguicher un client dont ils connaissent déjà le portrait-robot, faute de respecter un individu de plus en plus manipulé à son insu par la publicité. De leur coté les consommateurs sont dans l’obligation de rester en éveil face aux bonimenteurs de la pub et privilégier le produit le plus économe en matières, le moins vorace en énergie. Nous n’avons à notre disposition qu’une seule Terre, à force de nous nourrir en abondance, elle s’anémie, à force de la souiller en permanence, elle se salit.
Comment dans ces conditions, moins salir avec nos déchets et moins piocher dans le garde-manger de la terre, solution : le recyclage, bien sûr… Trouver la solution la plus efficace pour valoriser nos déchets… A Givrand, près de Saint-Gilles Croix-de-vie se trouve situé le centre de tri de nos déchets utilisé par plusieurs communautés de communes, entre autres celle de Marais et Bocage. Là arrive les déchets, recyclables ou non. Les non-recyclables, ou déchets ultimes, constitués essentiellement de fermentescibles mêlés à des sacs plastiques, au départ, il y a quelques années, ils étaient enfouis dans un cratère dans lequel on entassait des couches de déchets comme on prépare un hamburger, aujourd’hui le cratère a accouché d’une petite colline d’une dizaine de mètres de haut. Nous croulons sous les déchets et le centre de tri de Givrand fermera ses portes pour migrer à Saint-Christophe du Ligneron en fin 2009, début 2010 (création d’un nouveau centre d’enfouissement technique et d’un tri mécanique biologique).
La partie valorisable des déchets, parce que recyclable, est constituée des contenus de nos sacs jaunes et de nos dépôts dans les colonnes de tri vertes. Vous connaissez comme moi, la liste des produits à recycler : bouteilles et flacons plastiques transparents et opaques, boites métalliques, tétrapacks, cartons pour les sacs, verre, journaux magazines, prospectus pour les colonnes de tri. Tout ce petit monde est accueilli par le syndicat mixte départemental Trivalis qui emploie des gens pour trier des déchets qui sont en ensuite compactés et acheminés vers des destinations lointaines… La revente de ces produits à recycler se fait à des entreprises qui vont les reconditionner pour une vie nouvelle. Les sommes collectées viennent ensuite en déduction de nos impôts locaux et autres taxes sur les ordures ménagères que nous connaissons tous… Mais au fait pourquoi elle augmente toujours cette taxe, alors que nous trions pour payer moins ??? Une question qui mériterait d’être creusée !!!
Et ces destinations lointaines où nous acheminons les produits recyclables de notre consommation, où sont-elles donc ? Trivalis se charge de tout ça, tri, acheminement, choix des entreprises. Ainsi les déchets vendéens se trouvent-ils déportés aux quatre coins de la France, pour se faire refaire une beauté écologiquement correcte. Dans la série « où vont nos déchets ?», regardons ensemble le voyage organisé des ordures nobles :
- Les vieux papiers prennent une cure de jouvence à Grand-Couronne, près de Rouen, à 425 kms de Challans (point de départ)
- L’acier se fond dans une nouvelle vie à Frétin dans le Nord, soit 648 kms de Challans.
- L’aluminium est recyclé à Compiègne, 517 kms de Challans
- Le plastique PET (transparent) revit à Sainte-Marie-la-Blanche, près de Beaune (711kms)
- Le plastique PEHD (opaque) à la Loyère, près de Châlon-sur-Saône (735kms)
- Le bois à Rion-des-Landes (466kms)
- Le verre à Cognac (245kms)
- Le carton à Saint-Michel d’Entraygues dans le Centre de la France
Par exemple, en 2006, il a été collecté 63215 tonnes de journaux et d’emballages (source Trivalis), c’est donc tout ou partie de ces 63315 tonnes qui auraient été acheminées par la route, sur des camions en direction des usines de retraitement situées dans les villes citées précédemment. Est-ce bien raisonnable tout ça, quand on sait le coût du carburant et l’impact des rejets de carbone sur le réchauffement ? Sans parler du coût pour la collectivité…. On me dira, oui, mais ces usines ne sont pas situées partout en France, il n’y a pas le choix, certes… encore faudrait-il voir si plus près, ça n’existe pas et si tel est le cas, pourquoi n’y a-t-il pas plus près ? Toutes ces questions sont aussi celles de n’importe quel citoyen soucieux d’environnement. L’avenir ne sera possible que si on repense nos modes de consommer et de recycler, alors pourquoi ne pas commencer par réduire les voyages organisés pour nos déchets et privilégier la proximité? La proximité, vous me direz, c’est bien gentil, mais quand il s’agit de trouver un moyen ou un endroit pour stocker ou reconditionner nos déchets, tous ceux qui habitent les lieux envisagés renâclent à accueillir ces voisins encombrants. Cela se comprend, nos procédés technologiques soit disant propres ont encore un pouvoir d’absorption des déchets limités en terme d’efficacité à les traiter sans dommages pour l’environnement (voir les projets d’incinérateur)… Pourtant, il semble indigne d’exporter ailleurs les poubelles que nous devons assumer, que ce soit dans d’autres régions que la nôtre ou dans un quelconque pays du Tiers-Monde, prêt à accueillir n’importe quoi, pourvu qu’on paye. Et encore, je n’ai pas parlé d’autres voyages organisés de nos déchets ultimes du Nord-Ouest Vendée, vers le centre d’enfouissement de Laval en Mayenne, car tout ou partie, dans les communautés de communes de notre région, vont se faire enterrer là-bas. Il est évident qu’il est urgent d’assumer nos modes de consommation et donc d’élimination de nos déchets, il faut penser non plus de façon individuelle ou chauvine, mais plutôt acquérir un sens de la solidarité collective, qui nous fait souvent défaut quand on essaie de porter atteinte à notre territoire ou à notre Bonheur National Brut de la consommation.
Tout le monde le sait, les voyages organisés (ceux des humains comme ceux des poubelles), ça coûte cher au porte-monnaie et ce n’est pas toujours acceptable en terme de respect de l’environnement. A nos élus, qui ont en charge de la gestion écologique de notre région de trouver des solutions décentes et acceptables pour tous, ce qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens, mais à coup sûr, les municipales prochaines seront génératrices d’idées nouvelles et de promesses à tenir, à nous citoyens, de quelque bord politique, d’être attentifs aux programmes de nos futurs élus en matière de protection de l’environnement, c’est l’affaire de tous car ce sont des enjeux qui dépassent largement le cadre et les limites habituels du débat politicien.
EV
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